IAS 2 : évaluation des stocks en entrepôt

IAS 2 : l’évaluation des stocks en IFRS, et ce qui change par rapport au CGNC

Pour beaucoup d’entreprises industrielles et commerciales, les stocks sont l’un des postes les plus lourds du bilan. Leur évaluation pèse directement sur le résultat : un stock surévalué gonfle la marge de l’exercice, un stock sous-évalué la réduit. La norme IAS 2 fixe les règles d’évaluation des stocks dans le référentiel IFRS. Après IAS 16 sur les immobilisations corporelles et IAS 8, voici la suite de notre série.

IAS 2 : évaluation des stocks en entrepôt

Le champ d’application de la norme IAS 2

IAS 2 s’applique aux actifs détenus pour être vendus dans le cours normal de l’activité, aux produits en cours de production et aux matières premières ou fournitures destinées à être consommées dans la production ou la prestation de services.

Certains éléments en sont exclus : les instruments financiers, les actifs biologiques liés à une activité agricole (traités par IAS 41) et les contrats de construction ou de services, dont le chiffre d’affaires relève d’IFRS 15.

Le principe : le plus faible du coût et de la valeur nette de réalisation

La règle centrale tient en une phrase : les stocks sont évalués au plus faible de leur coût et de leur valeur nette de réalisation. Toute l’évaluation des stocks découle de ce principe, qui interdit de maintenir à l’actif un stock pour un montant supérieur à ce qu’il rapportera.

Ce que comprend le coût

Le coût des stocks regroupe trois composantes :

  • les coûts d’acquisition : prix d’achat, droits de douane et taxes non récupérables, transport et manutention, diminués des remises et rabais ;
  • les coûts de transformation : main-d’œuvre directe et frais généraux de production, fixes et variables ;
  • les autres coûts engagés pour amener le stock à l’endroit et dans l’état où il se trouve.

Les frais généraux fixes de production sont affectés sur la base de la capacité normale des installations. En période de sous-activité, la part non absorbée est comptabilisée en charges : elle ne vient pas alourdir le coût unitaire.

Sont en revanche exclus du coût : les gaspillages anormaux, les frais de stockage (sauf s’ils sont nécessaires au processus de production), les frais administratifs qui ne contribuent pas à amener le stock dans son état actuel et les frais de commercialisation.

La valeur nette de réalisation

La valeur nette de réalisation correspond au prix de vente estimé dans le cours normal de l’activité, diminué des coûts estimés pour achever le bien et des coûts nécessaires pour réaliser la vente. Elle s’apprécie en principe article par article, ou par groupes d’articles similaires.

Les méthodes de détermination du coût

IAS 2 admet deux formules pour les articles interchangeables : le premier entré, premier sorti (PEPS, ou FIFO) et le coût moyen pondéré. Pour les articles non interchangeables, ou produits pour des projets spécifiques, le coût est déterminé par identification spécifique.

La méthode du dernier entré, premier sorti (DEPS, ou LIFO) est interdite. Une entreprise doit par ailleurs utiliser la même formule pour tous les stocks de nature et d’usage similaires.

Un exemple chiffré de dépréciation

Une entreprise détient 1 000 unités d’un produit acquis au coût unitaire de 120 MAD. À la clôture, le prix de vente attendu tombe à 125 MAD, et il faut engager 15 MAD par unité de frais de vente.

  • Valeur nette de réalisation : 125 − 15 = 110 MAD par unité
  • Valeur retenue : le plus faible de 120 et 110, soit 110 MAD
  • Dépréciation à comptabiliser : (120 − 110) × 1 000 = 10 000 MAD

Si, l’exercice suivant, les conditions de marché s’améliorent, la dépréciation est reprise, dans la limite du montant initialement constaté.

IAS 2 et CGNC : les principales différences

Le CGNC marocain partage le même principe de prudence : les stocks sont inscrits au coût d’acquisition ou de production, et une provision pour dépréciation est constituée lorsque la valeur actuelle à la clôture est inférieure à ce coût. Les deux référentiels convergent sur les méthodes de sortie : seuls le coût moyen pondéré et le PEPS sont admis. Les écarts portent surtout sur deux points :

  • la sous-activité : IAS 2 impose explicitement l’imputation rationnelle des frais fixes sur la capacité normale, ce qui oblige à suivre le taux d’activité ;
  • le vocabulaire et la présentation : la valeur nette de réalisation d’IAS 2 remplace la « valeur actuelle » du CGNC, et l’annexe IFRS exige davantage d’informations sur les dépréciations et leurs reprises.

Pour une entreprise marocaine qui prépare des comptes IFRS, le calcul de la sous-activité et l’enrichissement de l’annexe sont souvent les deux chantiers les plus lourds.

En résumé

La norme IAS 2 repose sur une règle simple, le plus faible du coût et de la valeur nette de réalisation, mais son application demande de la rigueur : périmètre du coût, imputation des frais fixes, choix d’une méthode autorisée. Une évaluation des stocks bien maîtrisée fiabilise à la fois la marge et le bilan. Pour approfondir ces normes avec des cas pratiques, découvrez nos masterclasses IFRS et le référentiel IFRS publié par la CNCC.

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